La propriété résidentielle et commerciale est un poids
Une autre semaine de données négatives suggère de mauvaises perspectives pour beaucoup, sur fond de dette souveraine potentielle, comme toujours, soulignant toute la fragilité de la situation actuelle. Les chiffres très attendus de l'emploi américain pour le mois de mai, annoncés vendredi, ont révélé une augmentation de SEULEMENT 54.000 des salaires non-agricoles. Le secteur manufacturier, lui, a perdu 5.000 emplois, portant le chômage à 9,1 %. Les salaires horaires remontent juste de 1,8 % y/y, soit 50 % du niveau d'avant la 'récession' de 2008. Phénomènes qui ont poussé les rendements des Trésors les plus cotés encore plus bas, certains atteignant leurs niveaux les plus bas depuis décembre. Le taux à 10 ans du Bund et les bons du Trésor ont plongé en-dessous du seuil psychologique de 3,00 %. Par ailleurs, le spread de la dette portugaise s'est élargi pour atteindre un nouveau record de 709 bps et des rendements à 10,00 %. Tantôt dans le vert tantôt dans le rouge, les contrats de futures sur devises se sont rétablis de 3 à 12 bps, se rapprochant de niveaux records. La paire CHF/USD, quant à elle, a atteint son niveau le plus solide à 0,8336 et la paire EUR/USD est parvenue à 1,4560 $. Les autres étaient 'mixtes'. Par ailleurs, les indices des actions ont chuté une fois de plus cette semaine, Amsterdam et Argentine se trouvant au plus bas cette année, avec l'ASX australien les suivant de très près.
La propriété résidentielle et commerciale continue d'être un poids dans beaucoup de régions. Le Sondage britannique Hometrack révèle une baisse de 3,7 % des prix de l'immobilier cette année jusqu'au mois de mai, avec des prêts hypothécaires frôlant les 800 millions de livres - le même niveau depuis août 2008, en dépit du financement par les constructeurs de 30.000 premiers achats en fonds propres partagés, soit un total de 85 millions de livres sur la même période de trois ans. Au Japon, les dépenses générales des ménages au mois d'avril ont diminué de 3,0 % y/y, alors que les travailleurs subissaient des réductions de salaires de 1,4 % et que la rémunération des heures supplémentaires chutait de 3,4 %. Les mises en chantier se trouvent à un niveau annuel de 798.000, soit 50 % des pics de 1990 et 1996. Aux Etats-Unis, l'Indice S&P/Case Shiller révèle un déclin global de 3,61 % y/y, au mois de mars, des prix immobiliers dans les 20 plus grandes zones métropolitaines. Prix qui se retrouvent désormais au niveau de ceux de 2002, et 33,0 % en-dessous du pic de 2006. Les disparités régionales sont, par ailleurs alarmantes. Dans un Détroit ravagé, les prix descendent en-dessous des niveaux de 2000, tandis qu'à Miami, Las Vegas et Phoenix, ils atteignent 50.0 % des pics de la bulle immobilière. Étonnamment, seulement la région de Washington D.C. tient le coup - certainement grâce aux dépenses publiques !
Économistes et commentateurs parlent actuellement de 'politique monétaire et fiscale post-crise financière'. Ce dont ils ne semblent pas se rendre compte, c'est que la crise n'est pas du tout finie. Elle s'apprête même à empirer. Le gouverneur de la Banque d'Italie, Mario Draghi, a prononcé son dernier discours annuel en affirmant que 'les intérêts entremêlés qui pèsent sur le pays, de tant de manières différentes, doivent être supprimés'. Un problème qu'il a été incapable de régler au cours des 6 dernières années à la Banque, sans compter sa présence aux conseils de la BCE, de la BIRD, de la BAD et de la BRI. Il remplacera l'ancien gouverneur de la BCE, Trichet, en novembre, lorsque celui-ci quittera ses fonctions après avoir récemment relevé les taux de 25 bps (pour dire que les choses se sont normalisées ?) et en obtenant le prix Charlemagne pour ses efforts d'unification de l'UE en appelant à la création d'un ministère paneuropéen des Finances doté d'un pouvoir de veto sur les plans nationaux de dépense. Ce à quoi a répondu le porte-parole d'Angela Merkel qu'il s'agit d'un 'projet à très long terme et certainement pas de la priorité des gouvernements à l'heure actuelle'. Le tourbillon continue. En Grande-Bretagne, la Commission relative à la Qualité des Soins a été créée en 2008, pour remplacer le précédent régulateur défaillant. La commission reproche désormais aux 300 postes vacants dont elle dispose d'être responsable des conclusions suivantes : un centre de soins des personnes âgées sur sept, dans le secteur privé, est classé 'mauvais' ou, au mieux, 'adéquat'. Soit une plus grande proportion que dans les secteurs publics ou de bienfaisance. Le plus grand de ces secteurs est au bord de la banqueroute, menaçant de supprimer 30.000 emplois et d'exposer les faiblesses du financement du projet.
Les réunions de banques centrales seront à nouveau au centre de l'attention cette semaine, puisque la BCE et la Banque d'Angleterre s'apprêtent toutes les deux à annoncer leurs politiques respectives. Aucun changement n'est prévu, mais nous nous attendons toutefois à entendre le gouverneur Trichet, de la BCE, employer les termes 'vigilance forte' lors de la conférence de presse de jeudi prochain. Élément qui devrait être interprété comme un signe que la BCE 'se prépare' à augmenter les taux lors de la réunion de juillet, en dépit des inquiétudes constantes au sujet de la viabilité de la dette périphérique. En effet, compte tenu du ton ferme systématiquement employé au sujet de la plupart des données macro des pays, et du fait que l'inflation a de grandes chances d'approcher des 3,0 % cet été, nous prévoyons une hausse de 25 bps des taux en octobre. Par ailleurs, les gouvernements de la zone euro continueront de parler de la Grèce. La prochaine réunion officielle des ministres est prévue le 20 juin, mais plusieurs rencontres préparatoires sont déjà en cours. Si le gouvernement allemand semble avoir abandonné l'idée d'une restructuration volontaire de la dette, les conditions de tout prêt supplémentaire à la Grèce doivent encore être abordées. Au Portugal, les sondages d'opinions précédent les élections de dimanche 'suggéraient' qu'une courte avance serait prise par le PSD sur le PS, et nous nous attendons à la formation d'une coalition gouvernementale après le scrutin. En Allemagne, nous obtiendrons l'ensemble des données industrielles pour le mois d'avril. Les événements japonais ne devraient avoir eu qu'un impact limité, mais l'indice des prix et des entrées de commandes seront sans doute encore faibles. Par ailleurs, après de bonnes performances en mars, les exportations devraient plus ou mois se stabiliser.
Le flux de données américaines s'est récemment avéré assez décevant, avec des rapports ISM et ADP renforçant les inquiétudes au sujet du rétablissement économique. L'état des salaires n'a EN AUCUN CAS été rassurant. La réunion de la Banque d'Angleterre devrait, quant à elle, maintenir les taux britanniques 'en attente', mais les votes ont des chances de changer depuis que le faucon Andrew Sentance a quitté le MPC. Nous estimons que son successeur, Ben Broadbent, a peu de chances de se prononcer immédiatement pour une hausse des taux. Il suivra sans doute la majorité lors des premières réunions. La réunion de la banque centrale au Brésil devrait être plutôt calme, pour une fois. Le président Tombini de la Banque centrale a systématiquement fait connaître les intentions de la banque d'étendre le cycle de restrictions sur une période "prolongée". Après avoir ralenti le rythme de hausse des taux à 25 bps, lors de la dernière réunion, les responsables ne vont sans doute envisager qu'une augmentation de 25 bps, jusqu'à 12,25 %. Ailleurs, les réunions en Australie et en Nouvelle-Zélande devraient également se dérouler sans surprises. Mais avec des demandes intérieures fortes, des prix élevés des matières premières et des investissements en affaires sans précédent, les prochaines restrictions de la RBA ne devraient pas tarder. Quant à la banque néo-zélandaise, elle devrait maintenir son plan de relance d'urgence, instauré suite au tremblement de terre dévastateur.
Source: Markets
06.06.2011. 11:53
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